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Réfugiés qui manifestent contre les mauvaises conditions du centre d'accueil à Zwolle.
Source : ANP
Expérience
« Quand je manifeste aux Pays-Bas, je me sens en sécurité »
Dernière mise à jour: 31/01/2024 12:52

Le Syrien Mazen a fui vers les Pays-Bas et y a manifesté contre les mauvaises conditions dans les centres d'accueil. « Au début, il ne se passait rien, mais maintenant le COA nous a fourni des cuisines mobiles ».

Mauvaise qualité de la nourriture dans le centre d'accueil

Dans le cinquième centre d'accueil où il est passé à Zuidbroek, Mazen s'est révolté pour la première fois. Ensemble avec certains cohabitants issus du groupe WhatsApp commun, ils ont protesté contre la mauvaise qualité de la nourriture. « La nourriture était mauvaise et même parfois périmée. Le COA a indiqué qu'ils ne pouvaient pas améliorer la situation, car Zuidbroek était un centre d'accueil temporaire avec peu d'installations. Nous avons alors décidé de ne plus manger la nourriture jusqu'à ce que le COA trouve une solution. »

Cela n'a pas fonctionné immédiatement et les résidents ont alors adopté une autre approche. « La nourriture que nous mangions était préparée dans les cuisines de l’hôtel à côté du centre d'accueil. Nous ne comprenions pas comment il était possible que les clients de l'hôtel reçoivent de la nourriture normale et pas nous. De nombreux résidents ont alors laissé une mauvaise note à l'hôtel sur Google Maps. Le propriétaire de l'hôtel s'est fâché sur le COA à cause de cela. L'effet a été immédiat. »

Le COA a alors accepté de parler avec les résidents du centre d'accueil. « Ils ont ensuite installé des cuisines mobiles pour nous. Nous pouvons ainsi cuisiner nous-mêmes ce que nous voulons manger. L'excuse de dire qu'il s'agit d'un centre d'accueil temporaire n'est pas valable. Il faut accueiller les gens correctement et écouter leurs besoins. »

Manifester en toute sécurité

« Je ne suis pas du tout habitué à protester de cette manière. Si vous protestez en Syrie, vous êtes arrêté par la police et jeté en prison. Si vous protestez ici, la police vous entoure en vous tournant le dos pour vous protéger contre les autres personnes. Je n'avais encore jamais vécu une telle situation. Montrer son désaccord aux Pays-Bas est sûr et libre. »

Même si Mazen n'est plus un réfugié et qu'il ne se trouve plus dans un centre d'accueil, il a l'intention de continuer à protester. « Pas pour moi-même, mais pour les autres qui vivent des situations difficiles. Protester est important pour l'égalité et la solidarité. Pour s'entraider et se soutenir mutuellement. »

Pacifique et ensemble

Comment organiser une protestation efficace ? Selon Mazen, il est important de le faire de manière pacifique et de rassembler le plus de monde possible, notamment grâce à WhatsApp. « Nous ne voulons rien casser, nous voulons simplement être écoutés et faire valoir nos droits. À Zwolle, nous avons manifesté avec un groupe de réfugiés contre les longs temps d'attente auprès de l'IND. La longue période d'attente est un problème, mais le fait que l'on ne sache même pas quand le prochain entretien est organisé est inhumain. C'est pour cela que nous avons manifesté. »

« Nous avons aussi annoncé la manifestation à la municipalité et aux médias. La municipalité peut alors même vous aider. Et les médias sont passés et ont écrit un article sur notre manifestation dans les journaux. L'ensemble des Pays-Bas est ainsi au courant de notre situation. Nous espérons que nos actions auront un effet sur la politique. »

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